« Fumer tue »

Mais parfois, ne pas fumer aussi !

Si aujourd’hui, on peut lire sur tous les
paquets de cigarettes : « fumer, tue », il
apparaît naturel pour tout le monde que ne pas fumer est un bien être. Et pourtant il y a quelques années, en Italie, ne pas
fumer pouvait être dangereux et tuer.
Voici toute l’histoire de gens qui ne
voulaient pas fumer.

Nous sommes au début de l’année 1848. Si la France est déjà presque comme
aujourd’hui, l’Italie telle que nous la
connaissons actuellement n’existe pas encore. La péninsule est divisée en différents Etats plus ou moins grands. Les plus importants sont au sud le Royaume des Deux Siciles qui va de la Sicile jusqu’à Naples, au centre les Etats Pontificaux qui coupent la botte en deux, de la Médirerrannée à l’Adriatique et au nord le Royaume de Piémont-Sardaigne. Quant à la Vénétie et la Lombardie, elles sont occupées par l’Empire autrichien. C’est en Lombardie que va commencer cette histoire unique par son originalité.
En effet les Autrichiens exploitent outrageusement la région. Les taxes sont lourdes et de plus en plus nombreuses. La dernière en date concerne le tabac. Fumer devient de plus en plus cher. A Milan, la capitale de la Lombardie, les habitants, excédés,
décident de ne plus fumer.

Le 1er janvier, jour de fête, les familles
milanaises dans leurs plus beaux habits se

promènent dans la ville et se rencontrent pour se souhaiter la bonne année, mais personne ne fume.

Les Autrichiens privés des revenus des taxes de la vente du tabac ne savent pas comment faire pour que les Milanais recommencent à fumer. Ils ont alors l’idée de distribuer des milliers de cigares à leurs soldats et de les envoyer fumer dans toutes les rues de la ville. Et c’est ainsi que ces soldats vont se promener en fumant avec ostentation. Certains auront même deux cigares à la bouche. Un Milanais se sentant provoqué par un de ces soldats qui lui souffle de la fumée à la figure, lui arrache le cigare et le jette par terre. Le soldat veut alors l’arrêter. Mais devant des Milanais accourus pour soutenir leur compatriote, il doit prendre la fuite.
Et c’est l’étincelle qui allume le feu de la révolte. Des barricades s’élèvent dans toute la ville. Une sanglante bataille de rue s’engage. Des soldats, armés d’épées et de baïonnettes chargent la foule. Des coups de feux sont échangés. Une cinquantaine de milanais sont blessés. Six d’entre eux, dont un enfant et un vieillard, sont tués.

Cette grève des fumeurs fut le prémice d’une insurrection qui aura lieu quelques semaines plus tard au mois de mars. Ce soulèvement sera la principale cause de la première guerre d’indépendance italienne qui opposera en particulier le Royaume de Piémont-Sardaigne à l’Empire autrichien.

Quant à moi, comme je ne fume pas, je préfère après un bon repas, avec mon café, manger un petit gianduia.

-Un quoi ?
-Un gianduia !

Vous ne connaissez pas les gianduias ?
Alors c’est une autre histoire que je vous raconterai une prochaine fois…

Guy Mazzesi, Avril 2022

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